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L’art de se lancer – Guy Kawasaki

Traduction de Marylène Delbourg-Delphis Titre original : The Art of the Start chez Portfolio

Voici quelques conseils pour vous aider à développer votre business model :

Soyez précis.

Plus la description de votre client est précise, mieux c’est. Bien des entrepreneurs ont peur de s’enfermer dans un « créneau » sans pouvoir en sortir par la suite et parvenir à l’ubiquité. Pourtant, la majorité des sociétés qui a réussi a démarré en ciblant des marchés spécifiques et a atteint (parfois contre toute attente) une taille importante. Peu de sociétés ont démarré avec des objectifs grandioses et les ont atteints.

Restez simple.

Si vous ne pouvez pas décrire votre modèle d’entreprise en dix mots ou moins, c’est que vous n’en avez pas. Vous devriez utiliser environ dix mots – et les distiller avec sagesse en employant une terminologie simple, de la vie de tous les jours. Evitez le jargon à la mode du moment (« stratégique », « critique » « d’envergure internationale », « synergie », « premier entrant », « extensible », « de classe industrielle », etc.). Le verbiage ne donne pas un business model. Pensez au modèle d’eBay : on facture un prix d’inscription plus une commission. Point final.

Copiez quelqu’un.

Le commerce ne date pas d’aujourd’hui. A peu près tous les modèles d’entreprises possibles ont déjà été inventés par des gens ingénieux. Vous pouvez innover en matière de technologie, de marchés et de clients, mais inventer un nouveau modèle n’est pas un bon plan. Essayez de rattacher le vôtre à un modèle qui a déjà réussi et que l’on comprend. Vous avez bien assez des autres combats à mener.

Mon dernier conseil : demandez aux femmes leur avis – et seulement aux femmes. Je professe comme théorie qu’au tréfonds de l’ADN des hommes il y a un gène « tueur ». Ce gène fait que les hommes veulent tuer les gens, les animaux et les plantes. La société a réprimé ce gène dans une large mesure, mais lancer une entre- prise pour en tuer une autre est encore socialement acceptable.

Demander à un homme quel est son business model est inutile parce que n’importe lequel semble bien à quiconque a un chromosome Y. Par exemple, Sun Microsystems veut tuer Microsoft. Mais quand avez-vous acheté pour la dernière fois un ordinateur parce que son fabricant voulait en tuer un autre ?

Les femmes, en revanche, n’ont pas ce gène tueur. C’est pourquoi elles sont bien meilleurs juges que les hommes de la viabilité d’un modèle d’entreprise. N’êtes-vous pas de mon avis ? Les Darwin Awards sont la preuve irréfutable que les femmes ont plus de bon sens. Ces prix commémorent « les individus qui se sont enlevés d’eux-mêmes du parc génétique d’une façon sublimement idiote ».

Par exemple, en 1998, deux ouvriers du bâtiment ont causé leur propre perte en découpant un trou circulaire sur le sol tout en restant au milieu du cercle14. Les Darwin Awards comportent neuf chapitres sur la stupidité des hommes et un chapitre sur la stupidité des femmes. J’arrête là ma plaidoirie.