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Philippe Régnoux

Vous possédez un doctorat en droit, vous êtes également ancien Directeur général de plusieurs entreprises radiophoniques, en France et au Canada et consultant stratégique en communications depuis plus de trois ans ( 2r communication ).  Vous avez également fondé KAYAK Média, une nouvelle entreprise qui offre des services dans le domaine de la vidéo sur le Web. À quel moment de votre carrière avez-vous, décidé de créer, votre première entreprise ?

J’ai décidé de créer 2R communications, ma première entreprise, après de nombreuses années de direction générale au sein de structures passionnantes mais où le pouvoir de décision ne m’appartenait pas. J’ai toujours nourri une certaine frustration à l’idée que les stratégies que je développais pour les compagnies que je gérais n’étaient pas forcément suivies d’effets faute d’accord du décideur ultime, le Conseil d’administration.

J’ai donc créé ma première entreprise dans cet état d’esprit. Et, effectivement, je me suis assez vite rendu compte que le fait d’assumer mes propres choix et d’exécuter mes propres décisions permettait d’aller plus rapidement et plus loin dans le développement des activités poursuivies.

Lors de la création de votre dernière entreprise KAYAK Média, une entreprise qui offre des services en Web vidéo, un secteur peu exploité au Québec, quels ont été les plus grands obstacles ?

Je ne pourrais pas dire que le secteur de la webvidéo est peu exploité au Québec : il y a en effet pas mal d’entreprises qui proposent ce type de service. Simplement, ce service reste, à mon goût, trop classique, pas assez innovant sur le fond, sur le contenu du message véhiculé. Beaucoup utilisent admirablement la technique, mais je déplore une certaine pauvreté généralement dans la manière de valoriser le contenu, le propos. Or, l’avenir de la webvidéo est là !

Je dirais donc que, dans ce contexte, les obstacles ont été quasi inexistants, car les clients et partenaires ont très rapidement compris ce qui nous différenciait du reste du secteur. J’ai également eu la chance de lancer KAYAK Média en m’associant à un entrepreneur et un communiquant d’expérience et de talent, Jacques Bitton. Nous nous complétons à merveille : il est la sagesse, je suis la fougue. Il me tempère, je le bouscule. Ca fait rapidement tomber nombre de handicaps ce genre de dynamique !

Pour les nouveaux entrepreneurs, la recherche de nouveaux clients n’est pas une tâche facile. Dans votre cas, comment avez-vous procédé ? Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs à la recherche de nouveaux clients ?

Réseautez ! Rencontrez du monde, et passionnez-vous pour votre métier. C’est la clef. Savoir partager, véhiculer auprès de ceux qui vous entourent (et ça commence dans votre propre famille, votre premier cercle d’amis) la richesse qui anime votre projet et montrer le plaisir pris à en parler, à le décrire, le défendre, ce sont autant de graines semées pour voir grandir votre future clientèle. Je ne crois pas aux démarches commerciales agressives, surtout dans notre métier : au contraire, l’approche doit être attentive, patiente, voire pédagogique.

Si vous voulez un retour sur investissement rapide, faites métier dans la finance. Dans la communication, c’est vraiment suivre le rythme de croissance des compagnies avec lesquelles vous faites affaire qui importe. Ca peut être long, mais si vous montrez de l’intérêt et une réelle empathie pour les projets que vous défendez : le tour est joué, soyez-en assurés !

Quels sont vos conseils pour l’entrepreneur qui souhaite se lancer en affaires avec un concept innovateur ?

Se servir de ses cinq sens ! Et je suis sérieux. Un concept innovant requiert beaucoup d’instinct, mais aussi une formidable compréhension de l’environnement qui l’entoure. Plus on veut innover, plus on doit comprendre en quoi le monde dans lequel on évolue appelle des besoins nouveaux. Il faut donc, avant de se lancer en affaires avec un concept que l’on juge innovant, prendre le temps d’observer et d’analyser ce qui existe.

Avant de lancer KAYAK Média, il m’a fallu une dizaine d’années d’observation, d’écoute, d’étude. Et c’est loin d’être fini, acquis : on apprend tous les jours.

D’ailleurs, on se rend vite compte, avec un peu d’expérience, que l’innovation totale n’existe pas : on ne réinvente pas la roue, on l’adapte, on la travaille, on lui donne de nouvelles applications, mais on ne change pas les choses de fond en comble. Innover, c’est d’abord exister.

Le fait d’être constitue, en soi, une innovation permanente : il faut composer en permanence avec le changement. Survivre, c’est la plus magistrale innovation de l’humanité. Alors dans le domaine entrepreneurial, toute proportion gardée, il faut immanquablement innover pour faire croître son activité. C’est naturel.

De nationalité française, vous avez eu l’occasion de travailler avec des entrepreneurs de plusieurs origines ; français, québécois et juifs. Selon vous, en quoi reconnaît-on qui  un entrepreneur français, québécois et juifs. Quelles sont leurs plus grandes qualités ?

Honnêtement, je ne sais si le fait d’être juif est en soi une distinction particulière : il y a des français juifs et des québécois juifs… En d’autres termes, selon moi,  l’ « origine » ne signifie rien à partir du moment où nous sommes tous de partout et le produit de multiples apports culturels. Je ne fais donc aucune distinction : au Québec, les cultures ne cohabitent pas, elles se parlent, elles s’entremêlent. La communauté juive en est un remarquable exemple avec en son sein des parcours individuels tellement différents, tellement fragmentés, que l’on pourrait dire qu’elle n’est unie que de façade : au contraire, il y a des liens forts qui lui donnent une grande cohérence, et le fait pour ses membres de se sentir québécois, canadiens autant que juifs en est un.

Au Québec, je suis un étranger comme un autre : j’apprends à comprendre ce peuple, sa culture, ses traditions. Et, pour moi, il m’importe bien plus d’utiliser mon énergie à voir ce que m’apporte cette terre et ce que je peux lui apporter plutôt que de voir quelles sont les qualités et défauts de celles et ceux qui la peuplent. Mais il est certain que les différences d’approches, de méthodes, de styles apportent leur lot d’avantages et d’inconvénients. Quand on est entrepreneur, il faut s’adapter. Ca aussi, c’est enrichissant.

Quels sont les entrepreneurs que vous admirez le plus? Pourquoi?

J’admire beaucoup trop de monde pour en dresser une liste précise. Ce que je puis vous dire, c’est que je n’ai appris mon métier qu’au contact de personnes qui par leur esprit d’entreprendre m’ont donné le goût et la force de réaliser les projets que je mène actuellement. Et il y en aura d’autres. Je suis sensible à des parcours, des histoires de vie : l’entreprise est une histoire de vie. Ce qui me passionne, ce ne sont pas les entrepreneurs eux-mêmes mais l’incroyable énergie qu’ils ont réussi à transmettre à d’autres personnes, à travers leurs initiatives.

Quand une équipe embarque sur un projet, c’est toujours émouvant, car c’est l’aventure qui commence. Et l’aventure, c’est tous les possibles !

Qui est Philippe Régnoux?

Philippe Régnoux est installé à Montréal depuis 2005. Né en France, à Clermont-Ferrand, Philippe Régnoux n’était pas préparé à exercer son activité professionnelle dans le domaine des Communications : juriste de formation, il était plutôt destiné à une carrière diplomatique ou au métier d’avocat, mais la passion du journalisme ne lui a jamais laissé le soin ni le temps d’achever la rédaction de sa thèse en droit international public.

C’est donc par le journalisme écrit que Philippe Régnoux a entamé son aventure dans le domaine des médias. Puis il a enchaîné les missions comme directeur de programmes radiophoniques, en France, au Gabon, puis à Montréal.
Au Québec, après deux ans passés au service de Radio Shalom Montréal, Philippe Régnoux a décidé de lancer sa propre compagnie spécialisée dans le secteur des médias d’entreprise.

En outre, Philippe Régnoux est, depuis trois ans, le Président et fondateur de « AGIR pour le Développement Canada », une OSBL qui œuvre au service de l’entrepreneuriat social en Afrique. Il a aussi co-fondé, il y a moins de deux ans, le collectif « Souriez, Vous êtes Français ! », qui œuvre au sein de la communauté française du Québec, et anime depuis quelques mois un club de réflexion qui a pour nom, le « Club Souriez ».

Enfin, Philippe Régnoux exerce en parallèle une activité de comédien. Il a créé et administre depuis trois ans une troupe de théâtre installée à Montréal qui a pour nom « La Compagnie Racine ».

 
  • Damien

    Voici une interview bien menée très cher Kim et auprès de quelqu'un qui gagne à être connu ! Philippe est quelqu'un qui ne s'arrète jamais et heureuserment pour le milieu de l'entreprenariat… !!

    Bonne continuation à toi

    Damien
    (ancien stagiaire 2R)

  • Damien

    Voici une interview bien menée très cher Kim et auprès de quelqu'un qui gagne à être connu ! Philippe est quelqu'un qui ne s'arrète jamais et heureuserment pour le milieu de l'entreprenariat… !!

    Bonne continuation à toi

    Damien

    (ancien stagiaire 2R)